Une brèche dans le déni. Portée par deux actrices et une batteuse, les paroles de Judith Godrèche et Anouk Grinberg brisent le silence d’une violence trop longtemps occultée.
Pour clore son cycle «Portraits d’actrices», Floriane Comméléran s’inspire du discours marquant de Judith Godrèche aux César 2024. Sur scène, Olivia Csiky Trnka et Camille Mermet donnent corps à un dialogue épistolaire où les mots de l’actrice et autrice s’entrelacent à ceux d’Anouk Grinberg d’après leurs œuvres respectives Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux et Respect. Ces deux figures majeures, qui ont brisé le silence sur les violences systémiques envers les femmes dans le cinéma français, se rejoignent ici dans une adresse à l’amie, à l’alliée. Le dispositif va à l’essentiel: dire, faire entendre, ne plus taire. À la fois punk, pop et rock, les percussions de Colline Grosjean (du groupe Massicot) insufflent une pulsation organique aux échanges. Les mots se heurtent, se répondent, s’inscrivent dans les corps, au croisement du théâtre, de la musique et du mouvement. Un manifeste musical et politique qui refuse de penser l’art sous le signe du pouvoir pour lui préférer celui de la justice et de la sororité.
Dans le cadre du week-end consacré aux violences sexistes et sexuelles dans les arts de la scène
Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux de Judith Godrèche (publié aux Éditions du Seuil) et Respect d’Anouk Grinberg
Floriane Comméléran
Olivia Csiky Trnka
Camille Mermet
Colline Grosjean
Philippe Maeder
Rémy Rufer
L’œil qui écoute
Art Sainement
Dans les yeux